Est-ce que le cloporte est un crustacé ?
Vous l’avez croisé roulé en boule sous une pierre du jardin, tapi dans un recoin humide de votre maison ou trottinant entre les feuilles mortes de votre compost : le cloporte est l’un des animaux les plus familiers et pourtant les plus méconnus. Souvent pris pour un insecte, il suscite une question naturelle — est-ce que le cloporte est un crustacé ?
La réponse est oui, et elle est bien plus surprenante qu’on ne le croit. Ce petit vivant discret est un cousin terrestre des crabes et des homards. C’est donc bien un crustacé !! Voici pourquoi.
Le cloporte : un vrai crustacé, mais sur terre
Classification scientifique
Le cloporte appartient à l’ordre des Oniscidea, sous-groupe des isopodes, lui-même rattaché à la classe des crustacés. En France, les espèces les plus courantes sont le genre Porcellio et le genre Armadillidium — ce dernier, surnommé « cochon de terre » ou « cochon de saint Antoine », est capable de se rouler complètement en boule pour se protéger.
Comme tous les crustacés, son corps est recouvert d’une carapace chitineuse segmentée. Il possède sept paires de pattes, deux paires d’antennes, et surtout des organes respiratoires dérivés de branchies aquatiques — ce qui l’oblige à vivre en permanence dans des zones riches en humidité.
Un crustacé qui a conquis la terre
L’immense majorité des crustacés vit en mer ou en eau douce comme le crabe par exemple. Les cloportes font partie des rarissimes espèces à s’être pleinement adaptées à la vie terrestre. Pour survivre loin de l’eau, ils ont développé des comportements précis : ils se réfugient sous les pierres, dans les tas de bois, sous les feuilles mortes, et ne sortent souvent que tard la nuit, quand l’humidité de l’air est maximale. Certaines espèces absorbent même directement la vapeur d’eau atmosphérique.
C’est cette dépendance à l’humidité qui explique leur présence dans nos jardins humides, nos caves et nos maisons.
Son rôle dans le jardin et le sol
Un décomposeur essentiel
Le cloporte est un détritivore : il se nourrit de matières organiques en décomposition — feuilles mortes, bois pourri, débris végétaux, voire de petits os ou de minéraux calcaires. En digérant ces matières, il restitue des nutriments directement dans le sol et contribue à sa fertilité.
Dans un compost, la présence de cloportes est un bon signe : elle indique un milieu actif, bien humide, où la décomposition se déroule correctement. Ils participent à l’amélioration de la structure du sol, au recyclage des minéraux et au maintien d’une vie microbienne saine (bactéries, champignons).
Interactions avec les plantes et les animaux
Les interactions du cloporte avec les autres animaux et les plantes du jardin sont multiples. Il est la proie de nombreux insectes prédateurs, d’araignées et de crapauds, et s’inscrit ainsi dans la chaîne alimentaire locale. Sa présence en quantité raisonnable est un indicateur de sol vivant et équilibré.
En revanche, une population excessive peut poser problème : en période sèche, lorsque leur nourriture habituelle manque, les cloportes peuvent s’attaquer à de jeunes pousses ou à des raisins tombés au sol. Il suffit alors d’éloigner les tas de bois et de pierres des zones de culture pour réguler leur présence.
Les espèces de cloportes et leur élevage
Des espèces variées en France
En France, on recense plusieurs dizaines d’espèces de cloportes. L’Armadillidium vulgare est le plus répandu dans les jardins. Le Porcellio scabiei préfère les milieux plus arides, tandis que d’autres espèces colonisent les zones méditerranéennes ou les maisons. Leur corps varie du gris ardoise au brun terreux, parfois marbré de taches claires selon l’espèce.
L’élevage du cloporte
La pratique de l’élevage de cloportes connaît un intérêt croissant, notamment en terrariophilie. Des espèces comme Armadillidium vulgare ou Porcellio scabiei sont prisées comme nettoyeurs de sol en terrarium ou simplement pour l’observation.
Un élevage réussi repose sur un substrat mêlant terre, bois décomposé et feuilles mortes, une humidité constante, et une nourriture variée incluant des légumes et des os de seiche pour apporter le calcium nécessaire à leur carapace. La femelle transporte ses œufs dans une poche ventrale appelée marsupium — une particularité partagée avec d’autres crustacés.
Le cloporte : un crustacé qui ouvre moins l'appétit !
Alors, est-ce que le cloporte est un crustacé ? Sans aucun doute. Cet animal de l’ordre des Oniscidea, que l’on croise dans nos jardins humides, sous les pierres et dans le compost, est bel et bien apparenté aux crabes, homards et crevettes. Il a simplement réussi, au fil de l’évolution, à conquérir la terre ferme sans renoncer à ses origines marines.
Cela dit, si le homard et le crabe trônent fièrement sur nos plateaux de fruits de mer, le cloporte, lui, restera cantonné à son rôle de discret recycleur de sols. Difficile en effet d’imaginer une belle assiette de « fruits de terre » garnie de cloportes — même si, d’un point de vue strictement biologique, l’idée n’est pas si farfelue. Certaines cultures à travers le monde consomment d’ailleurs des insectes et des crustacés terrestres sans sourciller.
Le vrai partage des rôles est donc clair : au cloporte la décomposition des feuilles mortes et la fertilité des sols, au homard et au crabe la vedette sur votre table. Et pour ouvrir ces derniers avec précision et élégance, l’équipe Coutellerie Océan vous propose les meilleurs ustensiles du marché. Fruits de mer ou fruits de terre, nous restons passionnés par tout ce que la nature — marine ou terrestre — a de plus fascinant à offrir.
