Est ce que le surimi est bon pour la santé

Est-ce que le surimi est bon pour la santé ?​

Est ce que le surimi est bon pour la santé

Composition, fabrication, ingrédients, additifs, allergènes : tout ce que vous devez savoir sur ce produit consommé par 7 foyers français sur 10.

Le surimi est partout dans nos cuisines : en bâtonnets à l’apéritif, en salades, en verrines ou en recettes originales. Pourtant, sa véritable composition reste méconnue. De quoi est fait le surimi exactement ? Est-il vraiment à base de crabe ? Contient-il des additifs chimiques ? Est-il dangereux pour la santé ? Cet article exhaustif répond à toutes ces questions grâce à des sources vérifiées et fiables.

Origine et histoire du surimi

Le mot surimi vient du japonais et signifie littéralement « poisson haché » ou « chair de poisson malaxée ». Ce produit est né au Japon il y a plus de 800 ans, sous la forme du kamaboko, une pâte de poisson cuite et moulée, pilier de la cuisine japonaise traditionnelle.

Ce n’est qu’à partir des années 1960 que la technologie industrielle permit de congeler et surgeler cette pâte pour l’exporter. Le surimi moderne, tel que nous le connaissons en Occident — notamment sous forme de bâtonnets orangés imitant la chair de crabe — est apparu en France dans les années 1980. Depuis, les Français en sont devenus de grands amateurs : environ 64 000 tonnes de surimis sont consommés chaque année dans l’Hexagone, soit près de 2 kg par seconde.

Pour aller plus loin sur l’histoire du produit, consultez notre article sur la valeur nutritionnelle du surimi.

De quoi est composé le surimi ?

Contrairement aux idées reçues, le surimi ne contient pas de crabe. Il s’agit d’un produit transformé à base de chair de poisson blanc, agrémenté d’autres ingrédients pour lui donner sa texture, sa couleur et sa saveur caractéristiques. Voici sa composition détaillée.

IngrédientProportion moyenneRôle
Chair de poisson blanc30 % à 50 %Base protéique principale
Eau~30 %Liant, texture
Blanc d’œuf~5 %Gélifiant, liaison
Amidon (blé, maïs, pomme de terre)~5–8 %Texture, cohésion
Huile végétale (colza)~3 %Moelleux, saveur
Sel<2 %Goût, conservation
Sucre / sorbitoltracesCryoprotection lors de la surgélation
Arôme (naturel ou synthétique)tracesImitation saveur crabe / crustacés
Colorant (extrait de paprika)tracesCouleur orangée
Additifs divers (gélatine, carraghénanes…)tracesTexture, conservation

Sources : Wikipédia – Surimi ; norme AFNOR NFV 45-068.

Le poisson : base du surimi

La chair de poisson constitue le cœur du surimi. En France, la norme AFNOR NFV 45-068 impose un minimum de 30 % de chair de poisson dans le produit fini. Les espèces les plus couramment utilisées sont :

🐟 Principales espèces de poissons utilisées pour fabriquer le surimi

★★★
Colin d’Alaska
(Merlan bleu du Pacifique)
★★★
Merlu du Pacifique Nord
★★
Lieu noir (colin) d’Atlantique
★★
Hoki d’Argentine

Poissons traditionnels d’Asie (Itoyori, Eso…)

Le colin d’Alaska (Alaska Pollack) reste l’espèce la plus utilisée car sa saison de pêche dure 7 à 10 mois par an et ses qualités gélifiantes sont idéales. Ces poissons sont pêchés dans des zones réglementées, pêche soumis à des contrôles stricts pour protéger les écosystèmes marins.

À noter : contrairement à ce que certains prétendent, le surimi ne contient pas de pulpe d’huîtres ni de crabe réel. La mention « saveur crabe » est uniquement liée à l’arôme ajouté, pas à la présence de crustacé dans la recette.

Les autres ingrédients principaux

Autour de la base poisson, plusieurs ingrédients sont intégrés pour transformer la pâte brute en bâtonnet savoureux et moelleux.

🧪 Les ingrédients structurants du surimi

Les farines et amidons : amidon de maïs, fécule de pomme de terre, amidon de blé. Ces farines apportent cohésion et texture élastique à la pâte.

Le blanc d’œuf : agent gélifiant naturel qui aide à lier les protéines.

L’huile végétale (souvent colza) : améliore le moelleux et la saveur.

Le sucre et le sorbitol : présents en très faible quantité, ils servent de cryoprotecteurs lors de la surgélation pour préserver les protéines lors de la congélation à bord des bateaux.

La gélatine et les carraghénanes (selon les marques) : gélifiants qui renforcent la tenue du bâtonnet.

Les additifs présents dans le surimi

Le surimi est un produit transformé. Il contient donc un certain nombre d’additifs reconnus par la réglementation européenne. Leur présence varie selon la marque et le niveau de gamme.

AdditifRôleFréquence
Glutamate de sodium (E621)Exhausteur de goûtFréquent (entrée de gamme)
Carraghénanes (E407)GélifiantCourant
Gomme de xanthane (E415)ÉpaississantCourant
Polyphosphates (E452)Stabilisant, rétention d’eauPrésent dans certains produits
Sorbitol (E420)Stabilisant / cryoprotecteurTrès courant
Sorbate de potassium (E202)ConservateurSelon marques
Extrait de paprika (E160c)Colorant naturel (couleur orangée)Systématique

Ces additifs sont tous soumis à autorisation européenne. Leur présence est légale et encadrée. Cependant, leur quantité — notamment le glutamate — varie significativement d’une marque à l’autre. Il est conseillé de préférer les surimis avec une liste d’ingrédients courte et lisible.

Comment est fabriqué le surimi ?

Le surimi est fabriqué en deux grandes étapes : la production du « surimi base » en mer, puis la transformation en bâtonnet à terre. Voici les étapes détaillées de cette fabrication.

1

Pêche et filetage en mer

Les poissons (merlan bleu, colin…) sont pêchés dans des zones réglementées. À bord du bateau-usine, ils sont immédiatement filétés : seule la chair (partie noble) est conservée.

2

Lavage et pressage de la chair

La chair est mixée puis lavée plusieurs fois à l’eau douce pour éliminer les protéines solubles, le sang, les graisses et les tissus conjonctifs. On obtient une pâte blanche, riche en protéines, sans goût : le « surimi base ».

3

Ajout de cryoprotecteurs et surgélation

Pour conserver la pâte jusqu’au retour à terre, on ajoute une petite quantité de sucre ou de sorbitol (cryoprotecteurs). La pâte est ensuite congelée à −30 °C en blocs de 10 kg. C’est la surgélation.

4

Décongélation et mélange à terre

À l’usine, les blocs surgelés sont concassés et mélangés avec les autres ingrédients : amidon de blé, amidon de maïs, fécule de pomme de terre, huile, sel, blanc d’œuf, arôme, additifs. Le tout est malaxé jusqu’à obtenir une pâte homogène et savoureuse.

5

Cuisson, découpe et enrobage

La pâte est cuite sur une plaque chauffante, puis enroulée et découpée en bâtonnets. La couche orange (extrait de paprika) est appliquée à l’extérieur. Les bâtonnets découpés sont ensuite emballés sous plastique et pasteurisés.

6

Pasteurisation et mise en rayon

Les surimis sont pasteurisés pour garantir leur sécurité sanitaire, puis conditionnés sous forme réfrigérée ou surgelée avant d’être distribués en grande surface.

Envie de recréer ce processus chez vous ? Découvrez notre guide complet sur le surimi maison !

L’arôme et la saveur du surimi

La saveur de crabe si caractéristique du surimi provient d’un arôme ajouté, et non d’une véritable présence de crabe dans la recette. Cet arôme est qualifié de « naturel » dans les étiquettes car il est issu de la transformation de matières premières naturelles : déchets de carapaces de crustacés (crevettes, crabes), bisques récupérées.

Selon la nomenclature européenne des additifs alimentaires, cet arôme contient notamment : sorbitol, eau, sel, protéines de blé hydrolysées et levure autolysée. C’est cette combinaison de protéines hydrolysées et de levure qui lui confère son arôme si particulier.

La couleur orange, quant à elle, ne provient pas du crabe : elle est obtenue grâce à l’extrait de paprika, un colorant naturel (E160c).

💡 Bon à savoir

Certaines marques proposent du surimi « saveur homard » ou « saveur langouste » sans qu’il y ait la moindre trace de ces crustacés dans la composition. Il s’agit uniquement d’un arôme chimique ou synthétique. Vérifiez toujours la liste des ingrédients sur l’emballage.

Allergies et dangers du surimi

Les allergènes contenus dans le surimi

Le surimi contient plusieurs allergènes majeurs reconnus par la réglementation européenne. Toute personne sensible à ces allergènes doit lire attentivement les étiquettes avant consommation.

  • 🐟 Poisson
  • 🌾 Gluten (blé)
  • 🥚 Œuf (blanc d’œuf)
  • 🥛 Lait (lait écrémé selon marques)
  • 🦀 Traces de crustacés
  • 🦪 Traces de mollusques

Selon le fabricant Coraya, leader français du marché, le surimi contient des ingrédients classés parmi les allergènes reconnus, à commencer par la chair de poisson elle-même, l’œuf et le blé. Des traces de mollusques, crustacés, lait, céleri et moutarde peuvent également être présentes dans certains produits.

Le surimi est-il dangereux pour la santé ?

Le surimi n’est pas dangereux à proprement parler pour une personne sans allergie. Il est soumis à des contrôles sanitaires stricts et ses additifs sont tous autorisés en Europe. Toutefois, certains points méritent vigilance :

Point de vigilanceCe qu’il faut savoir
Teneur en selPeut être élevée dans certains produits d’entrée de gamme
Glutamate (E621)Exhausteur de goût présent dans certains surimis, à surveiller en cas d’hypersensibilité
Valeur protéiquePlus faible que le poisson frais mais reste une source de protéines intéressante (~8 à 14 g/100 g)
Taux de poisson réelPeut être aussi bas que 30 % dans les produits low cost
Femmes enceintesLa consommation est possible mais vérifiez la cuisson ; consultez notre article peut-on manger du surimi enceinte

Pour aller plus loin sur le rapport surimi et silhouette : est-ce que le surimi fait grossir ?

Comment choisir un surimi de qualité ?

Tous les surimis ne se valent pas. Le pourcentage de chair de poisson et la longueur de la liste d’ingrédients sont les deux indicateurs les plus fiables pour évaluer la qualité d’un surimi.

✅ Les critères d’un surimi de qualité

  • Teneur en chair de poisson ≥ 38 % : la norme AFNOR impose 30 %, les meilleurs produits montent à 38–50 %.
  • Liste d’ingrédients courte : moins d’additifs = meilleure qualité. Évitez les surimis avec du glutamate (E621) ou des polyphosphates (E452).
  • Poisson identifié : certains fabricants indiquent l’espèce (colin d’Alaska, merlu…). C’est un gage de transparence.
  • Sans conservateur : les meilleurs surimis n’en ont pas besoin grâce à la pasteurisation.
  • Label pêche durable : MSC (Marine Stewardship Council) garantit une pêche responsable.
  • Conditionnement hermétique : évitez les surgelés dont l’emballage présente des signes de décongélation.

📖 Réglementation en vigueur

En France, le surimi est régi par la norme AFNOR NFV 45-068 depuis 1997. Elle impose un minimum de 30 % de chair de poisson ou 35 % de « surimi base ». Il n’existe à ce jour pas de réglementation européenne harmonisée sur la teneur en poisson des surimis. Pour en savoir plus, consultez la page officielle de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire) ou la base de données Open Food Facts – Surimi.

Conclusion

Alors, de quoi est fait le surimi ? C’est avant tout un produit à base de chair de poisson blanc — principalement du colin d’Alaska ou du merlu — transformée en pâte, mélangée avec des amidons (maïs, blé, pomme de terre), du blanc d’œuf, de l’huile végétale, du sel, du sucre, et bien sûr un arôme pour lui donner sa saveur si particulière.

Le surimi est un aliment transformé, soumis à la réglementation française et européenne. Ce n’est ni un aliment miracle, ni un produit dangereux. Sa qualité dépend essentiellement du pourcentage de poisson qu’il contient et de la quantité d’additifs intégrés. En choisissant des surimis avec une teneur en poisson élevée (≥ 38 %) et une liste d’ingrédients courte, vous ferez un choix alimentaire éclairé et savoureux.

Envie de cuisiner différemment ce produit ? Retrouvez toutes nos idées dans la rubrique recettes de surimi.

Sources et références

— Norme AFNOR NFV 45-068 (1997), composition et transformation du surimi en France.

— Wikipedia – Surimi (2026).

— Fleury Michon – FAQ composition du surimi.

— Coraya France – FAQ allergènes.

— ANSES – Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation.

— Open Food Facts – Catégorie Surimi France.